Juste avant d'entamer une nouvelle chanson, il prenait son souffle et lançait d'une voix de stentor le titre et l'auteur.
Le piano résonnait des premières notes et déjà les rires fusaient parmi le public ravi.
Du Poinçonneur des Lilas et du Général à vendre, je n'ai longtemps connu que la version des Frères Jacques. Avec Georges Brassens ils faisaient partie des piliers de la culture musicale familiale, rares moments où on pouvait tous écouter la même chose avec le même plaisir.
Je les revois encore débouler à toute allure, au ras du sol, accroupis sous leur cape au début des Fesses, sautillant les genoux bien haut dans Les Catcheurs, ou enveloppés de bandelettes dans La Chanson sans calcium...
Les titres s'enchainaient au rythme un peu désuet de la présentation, Barbara, la Ceinture, la Confiture, la Queue du Chat... tous ces titres que je connais encore presque par cœur et qui me reviennent en tête à la moindre occasion, au détour d'une phrase.
André Bellec, fondateur des Frères Jacques est mort la semaine dernière, c'est pas rock n'roll mais ça m'a fait un peu bizarre de l'apprendre par hasard.

