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Clio

Κλειώ (Kléiô), « qui est célèbre »

l'histoire (épopée)

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samedi 8 novembre 2008

Page Blanche


A suivre qu'elle disait...
Mais depuis 3 jours, malgré l'injonction que je me suis donnée de raconter, rien ne vient, rien ne sort. Page blanche ou écran gris.
De temps à autre des idées fusent, trop vite pour être écrites, ou au mauvais moment, dans le métro, au boulot.

Au milieu de tous ces câbles que je dois ranger je me rappelle pourtant le déroulement de cette journée pas ordinaire, et pas seulement de l'autre côté de l'océan. Mais comment parler du quotidien, de l'ordinaire, et quel finalement quel intérêt ?
Pas de randonnée bien-sûr, mais une longue longue journée à venir, banalement exceptionnelle
le réveil qui sonne à 6h, le lever pénible une demie-heure plus tard, l'obsession de ne rien oublier, faire un thermos de thé, prendre une autre paire de chaussure, une polaire, des barres de céréales.
Arriver au bureau, repartir presque aussitôt dans le camion chargé la veille, passer 2 ponts et être sur place.
Décharger, pousser les caisses, slalomer entre les autres et celles des autres, prendre ses marques.
Déplacer des tables, porter, soulever, tirer des câbles.

Une fourmi de plus qui prend sa place dans le ballet sans fin des travailleuses-travailleurs. Pas mal de bruit, des coups, des clacs et des zips. Peu de paroles, des rires. Des petits trains de caisses marrons ou bleues laissent bientôt la place à de longues tentacules noires qui dans des boucles qui semblent interminables longent les murs, s'aglutinent parfois les unes aux autres en un paquet énorme, puis se séparent.

Petit à petit les cubes se mettent en place, console, cd, écrans, cartouchier, codeurs... une radio dans un coin, une télé en face, une autre l'étage en-dessous. Tirer des câbles, encore, ramener les prises de téléphone, les TNR, vérifier, cacher, gaffer. Semblant de salle de rédaction dans un coin, installer les pc, connecter internet, les dépêches.

Vers 13h enfin la pause, plateau-repas froid, ni bon ni mauvais. C'est le calme un peu partout, on mange entre les caisses à moitié vides, les cartons et les appareils qui traînent partout. Sortir de terre après déjeuner, découvrir qu'il fait beau et doux, quelques pas sur le sable de l'allée au milieu des touristes et des déçus de voir l'aquarium fermé, sensation de ne pas faire partie tout à fait du même monde. S'engouffrer par l'escalier et retrouver la chaleur de l'activité sous-terraine.

Recommencer les mêmes gestes, ailleurs, fignoler, débrancher, rebrancher, tester. Le rythme baisse un peu, on a presque tout installé, manque encore la table qui n'est toujours pas livrée. On s'occupe des détails, accrocher les horloges, appeler l'horloge parlante pour les régler. Ranger les caisses, les ramener dans le camion, pousser, porter.
Se connecter, appeler l'autre radio, la grande : tu me reçois ? ok. et toi, tu me reçois ? bon. on rappelle tout à l'heure.
La table arrive. Micros, casques, rouge-micro, des pc encore, brancher, tester, nettoyer, cleaner.

18h, dernières gouttes de thé, il faudra que je passe au jus de chaussette du cathering à partir de maintenant. C'est le moment difficile de la journée, les courbatures s'éveillent, les jambes commencent à avoir du mal à nous porter. S'assoir. Le temps est plus long, l'inactivité rarement troublée. Tiens, il faut tirer une autre module, tu fais le tour comme d'hab.. encore. S'occuper, profiter d'internet pour surfer un peu.
Dîner, plateau-repas froid, pas bon. On ne sait plus où se mettre, tout le superflu a disparu, on mange entre 2 micros en faisant attention à ne rien salir. Il fait nuit, dehors les uniformes se font plus nombreux, ça commence à s'agiter un peu. On récupère nos badges, enfin ; on se demande bien à quoi ils servent.
On n'est plus tout seuls, on se met d'accord avec les réa, journalistes, assistants d'ed., sur le déroulement de la soirée, ce qu'on fait à l'heure pile, à la demie-heure. Derniers essais avec le studio, l'insert en secours, vérification de l'heure, on a une seconde de retard, on fera avec (et on l'oubliera). On s'affaire, la tension monte, on est prêt ? tout marche ? normalement, oui.

23h. c'est parti. parti le stress de la prise d'antenne, maintenant on y est, ça roule.
Les invités se succèdent autour de la table, on se succède derrière la console, les yeux rivés sur celui qui parle, les autres sur celui qui va parler. Garder une main sur le prochain truc à partir, même si c'est dans 10 mn, l'autre suit  le bruit des voix sans vraiment chercher à comprendre, il n'y a que les réflexes qui comptent dans ces moments là. Casque sur la tête il y a beaucoup de bruit autour, on enlève une oreille de temps en temps pour entendre ce qu'on nous dit à 10 cm.
Un dernier œil sur la télé, les résultats se succèdent sur CNN. On est un peu tendus tout de même.
Quand on n'est pas à la console, on garde un casque pour écouter le retour, on s'occupe de placer les micros devant les invités, leur dire de mettre le casque eux-aussi sinon ils n'entendront rien. Aller-retours pour vérifier que tout se passe bien.
Premiers réultats qui arrivent, tantôt ce sont les yihou ! des républicains qu'on entend au loin (un peu en-dessous, devant fox news probablement), tantôt les youhou ! des démocrates, plus près de nous.
Au fur et à mesure de la nuit il n'y aura plus beaucoup de yihou.
Les débats se succèdent, les interventions des correspondants. Il y a du monde partout, ça papote, ça mange des petits fours et ça boit pas mal.
La nuit continue, entre cafés et fruits, cap de fatigue dépassé. Une pause dans les débats politiques, 1h et demie sur la position des artistes dans la campagne américaine, la façon dont ils se sont plus ou moins impliqués. Un peu de musique, enfin, et de la bonne.
La vistoire d'Obama ne fait plus vraiment de doute, les démocrates sont tout sourires, les républicains font bonne figure, ils sont tous bourrés.
3-4h, je ne sais plus, le champagne commence à sortir sur les bars, il faut aussi s'occuper des connexions pour les rédactions de langue, un peu à côté.
5h c'est gagné. Discours de Mc Cain, c'est le moment où il faut écouter 3 ou 4 trucs en même temps : le journaliste qui parle en face de soi, le réalisateur qui te donne 3 ou 4 ordres différents en fonction de la situation qui ne va pas tarder à arriver, le son de la télé pour ne pas rater le début du discours, en n'oubliant pas de garder une paire d'yeux sur cnn.
Facile.

6h c'est fini pour nous. A côté ils ont déjà commencé à démonter depuis 20mn, il a fallu qu'on intervienne plusieurs fois pour leur demander de faire moins de bruit. On attendait le discours du vainqueur, ah ben ils nous ont coupé le son dis-donc. Pas grave, on continue à suivre sur les écrans. Ah ben ils nous coupent aussi la tv dis-donc... On n'est plus à l'antenne, on continue d'écouter le discours sur le retour, coupure, ah ben....

6h30 tout le monde a fini, on ne traine pas trop. Entre quelques remerciements et au-revoir on commence le démontage, ça va toujours plus vite dans ce sens là. De toute façon, pas la peine de le faire à toute vitesse non plus, il faut aller chercher les caisses, l'unique monte-charge est pris d'assaut.
Décabler, plier, ranger...
8h30 on charge le camion
(porter, pousser, tirer....)
8h45 on décharge le camion, les gestes sont automatiques, pas besoin de réfléchir.
9h fini, je rentre.
En fait, la journée pourrait continuer, tant qu'on est actif on ne se rend pas compte de l'état dans lequel on est vraiment.
Dans le métro la fatigue commence à me tomber dessus, la douleur vient de la plante des pieds, elle remonte dans les jambes.
Je commence à me préparer un petit dej, je regarde les mails.
Finalement, je crois que je vais aller dormir


mardi 4 novembre 2008

Préparatifs




départ en rando ?


à suivre...